Literatuurlijst Frans, aanvulling 2018 - 2019


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Het aantal boekjes (van 1 tot 4) geeft een indicatie van de moeilijkheidsgraad.

Un certain M. Piekielny

Francois-Henri Désérable
F18-01
Gallimard, 2017, 259 p.

« Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au no. 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M.Piekielny..... » Quand il fit la promesse à ce M.Piekielny, Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : [ ], devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La Promesse de l’aube, son autobiographie romancée. Eh bien, dans son roman, Désérable va à la recherche d’un certain M.Piekielny. Si cette quête reste peu fructueuse, cela donne pourtant un roman riche qui tourne surtout autour d’un écrivain célèbre, Romain Gary, dont les frasques, les excentricités et les citations assurent la voûte du récit, et d’un autre écrivain, F.-H. Désérable, perdu dans les errements labyrintiques de son enquête, ainsi que dans ses émotions personnelles qu’il décrit avec beaucoup d’humour. A lire de préférence après lecture de Romain Gary - La Promesse de l’aube F12-05, toujours disponible).

Petit Pays

Gaël Faye
F18-02
Grasset, 2016, 224 p.

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Un quotidien paisible, qui va se disloquer en même temps que ce « "petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croit un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français... Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie. Roman fascinant et convaincant. Le récit du point de vue du jeune Gabriel garde sa fraîcheur jusqu’à la dernière page.

Laëtitia ou la fin des hommes

Ivan Jablonka
F18-03
Seuil, 2016, 383 p.

L’historien et écrivain part d’un fait divers : l’assassinat bestial de Laëtitia Perrais, 18 ans, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011. Le présumé coupable, un délinquant multirécidiviste, est arrêté après 2 jours mais il faut des semaines pour retrouver son corps. Le crime a des répercussions graves à tous les niveaux de la société française, même au niveau présidentiel. Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête judiciaire, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié minutieusement le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur. Il a voulu reconstituer sa vie pénible. Jablonka se sert obligatoirement d’abréviations d’institutions, ce qui peut gêner la lecture dans un premier temps. Or, les définitions se trouvent dans une liste à la fin du livre. Ivan Jablonka a voulu préserver Laëtitia de l’oubli. Prix Médicis 2016, Prix littéraire Le Monde 2016

Un long dimanche de fiançailles

Sébastien Japrisot
F18-04
Folio Gallimard, 1993, 373 p.

Janvier 1917. Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre dans les tranchées. Le plus jeune était un Bleuet, il n'avait pas vingt ans. A l'autre bout de la France, Mathilde, vingt ans elle aussi, aimait le Bleuet d'un amour à l'épreuve de tout. La paix venue, elle va se battre pour connaître la vérité et retrouver son amoureux, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l'a perdu. Tout au long de ce qu'on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu'au bout de l'espoir insensé qui la porte. On découvre dans ce livre, une Mathilde obstinée et fragile à la fois, attachante, bouleversante, qui prendra place parmi les héroïnes les plus mémorables de l'univers romanesque. Ce livre est un roman historique, mais également un roman d'amour, ainsi qu'une intrigue policière brillante.

Allah n’est pas obligé

Ahmadou Kourouma
F18-05
Points, 2002, 221 p.

Le garçon s'appelle Birahima, il a dix ou douze ans et, comme beaucoup d'enfants, il joue au petit soldat avec une mitraillette. Sauf qu'ici l'arme est bien réelle et les morts ne se comptent plus. Birahima fait partie de ces orphelins qui ont tout perdu et n'ont d'autre recours que de devenir des sortes de mercenaires dans les guerres tribales qui déchirent des pays comme le Liberia ou la Sierra Leone, les fameux enfants-soldats. C'est le règne du grand banditisme sous couvert d'activités soi-disant révolutionnaires, des massacres de populations civiles. "Mais Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les choses qu' il a créées ici-bas." Tout est vrai dans le livre d'Ahmadou Kourouma qui n'est cependant pas un document mais bien un roman. Ce qui rend encore plus percutante l'horreur racontée par un enfant avec un humour terrible qui renvoie chacun à ses responsabilités et à sa mauvaise conscience. Satire des dictatures africaines, ce récit est à ne pas manquer

Couleurs de l’incendie

Pierre Lemaitre
F18-06
Albin Michel, 2018, 530 p.

Couleurs de l’incendie, qui vient de paraître, est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013 (et figurant sur la liste Senia, F15-06). Après les obsèques de Marcel Péricourt, sa fille Madeleine doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie, mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe. Un roman aussi formidable que le premier, aussi haletant et bien écrit et dont on lit les 530 pages sans lever les yeux

Continuer

Laurent Mauvignier
F18-07
Minuit, 2016, 239 p.

Sybille, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle? "Elle redoute cette guerre toujours à vif entre eux", son ex-mari et elle, "dont leur fils Samuel a été l’enjeu et l’instrument, le père jouant le fils contre la mère, le fils jouant le père contre elle, et parfois s’alliant à elle, quand il s ‘agissait de se liguer contre le père". Et maintenant que Samuel commence à décrocher à tous les niveaux, qu’elle va le chercher au bureau de police , elle est décidée à l’empêcher de rater toute sa vie. Fini donc le temps de sombrer sans rien tenter. Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec Samuel, à cheval dans les montagnes de Kyrghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire. Histoire peu conventionnelle d’une mère et de son fils.

De côté de chez Swan, 2ème partie, Un amour de Swann

Marcel Proust
F18-08
en Poche, 312 p.

Du côté de chez Swann est le premier volume du roman A la recherche du temps perdu. Il est divisé en trois parties : Combray, Un amour de Swann et Noms de pays : le Nom. Lorsqu'un de ses amis, au théâtre, présente Charles Swann à Odette de Crécy, elle ne lui semble pas sans beauté, mais d'un genre de beauté qui ne le séduit pas. Et cependant, elle lui écrit pour lui demander de voir ses collections, puis retourne chez lui, rapproche bientôt ses visites, et le fait inviter par le petit clan de Mme Verdurin. Lorsqu'il s'avise qu'elle ressemble à un Botticelli, le regard que Swann porte sur Odette se transforme - et un jour où, arrivé en retard chez les Verdurin, il découvre que, croyant qu’il ne viendrait plus, elle est déjà repartie, une étrange souffrance le gagne : " son amour n'était plus opérable ". Un amour de Swann a été, dès 1930, publié en volume séparé, et il s'agit bien, en effet, d'une histoire dont l'unité s'impose aisément au lecteur : celle d'un amour traversé de souffrance et de jalousie, jusqu'à ce que, dans une sorte de guérison, s'effacent les tendresses successives qui étaient nées peu à peu de la première image entrevue.

Pas pleurer

Lydie Salvaire
F18-09
Seuil, 2014, 288 p.

Dans ce roman traitant de la guerre civile espagnole, l’ écrivaine fait parler deux voix: celle de sa mère, Montse, et celle de l’auteur Georges Bernanos. La mère de la narratrice a été élevée dans une région rurale et pauvre d’Espagne, et pour elle ces premiers jours de la révolution en 1936 ont été des plus intenses et prometteurs de sa vie. En 1939 elle a dû se réfugier au sud de la France, où elle a vécu depuis lors. Maintenant, à la fin de sa vie, la plupart de ses souvenirs d’après-guerre ont disparu. Ceux de 1936 sont encore très vifs, elle en raconte l’histoire à sa fille, tout en parlant une combinaison de français et d’espagnol, le fragnol. Bernanos, auteur, représente la voix révoltée. Témoin direct de la guerre civile, il dénonce surtout la bénédiction par l’Eglise catholique de la terreur exercée par les nationalistes. Il en a écrit un pamphlet ("Les Grands Cimetières sous la Lune"). Deux voix, deux visions, entrelacées par Salvayre, qui sait ainsi mélanger histoire et autobiographie. Le roman "Pas pleurer" a été couronné du Prix Goncourt 2014.

Chanson douce

Leila Slimani
F18-10
Gallimard, 2016, 227 p.

Le roman commence sur 2 enfants en bas âge assassinés et leur nounou dans l’état d’un suicide raté. Dans Le reste du roman le lecteur est emmené dans un suspense envoûtant autour du choix minutieux de Louise comme nounou, son empreinte progressive sur la famille et sa vie privée cachée qui se détériore jusqu’au drame. L’auteur a été inspirée par un fait divers américain ; une nounou qui avait assassiner ses enfants de garde. L. Slimani voulait savoir quels étaient les motifs d’un tel acte. D’ailleurs, le suspense dans la relation entre Louise et les parents fait penser à celui de « Rebecca » de D. du Maurier ; M. Danvers, qui tient la maison, est omniprésent et n’a pas de vie privée. Ça se termine mal également. Très bon livre qui se lit d’un trait. Prix Goncourt 2016, Grand prix des lectrices Elle 2017, Grand prix des lycéennes Elle 2017

L’écume des jours

Boris Vian
F18-11
1947, plusieurs éditions, env. 200 p.

Un titre léger et lumineux qui annonce une histoire d’amour. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et tragique, féerique et déchirant. Dans cette oeuvre d’une modernité insolente, livre culte depuis plus de cinquante ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, la mort prend la forme d’un nénuphar, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir. Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des Noirs américains..... La plume alerte de Boris Vian, qui multiplie les néologismes poétiques et les jeux de mots (le pianocktail, le biglemoi etc.), semble le faire par politesse, car sous ses dehors de roman d’amour pour adolescents, L’Ecume des jours est un piège qui étouffe petit à petit le lecteur et les personnages : la légèreté et l’innocence qui ouvrent le roman sont progressivement contaminées par le drame. « Le plus poignant des romans d’amour contemporains » (Raymond Queneau)

Le ventre de Paris

Emile Zola
F18-12
plusieurs éditions,

Le Ventre de Paris d'Emile Zola, a paru en 1873 et fait partie du cycle de romans des Rougon- Macquart. Zola, journaliste de profession et chef de file du naturalisme, rend compte de la société française sous le Second Empire, 1852 et 1870. Le titre du livre est une métaphore faisant référence aux Halles de Paris. Les halles sont dépeintes comme un monde où rien n’existe à part la nourriture. Florent, évadé du bagne, essaie d’y établir un nouvel avenir. A travers ses aventures, le roman décrit minutieusement son entourage, mais ce roman n'a pas qu'un intérêt documentaire et historique : Zola nous présente entre temps cet univers où nulle pitié ou compassion n’existe pour les gens faibles. Les personnages représentent des contrastes aussi bien physiques (les gras contre les maigres) que politiques (les Républicains vis-à-vis des sympathisants de l’Empire). Un livre classique, entraînant le lecteur par son style très visuel dans une intrigue pleine de suspense.